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Classement environnemental des compagnies aériennes

Le 11 sLogo atmosfaireptembre dernier, l’entreprise allemande Atmosfair a réalisé un intéressant classement des compagnies aériennes sur la base des données détaillées de l’OACI, en prenant comme référence un vol plein sur un appareil efficace, puis, en déterminant un coefficient d’efficacité pour chaque compagnie.

Au Canada, deux compagnies aériennes sont présentes dans le classement:

  • Air Transat – classée 16e sur 125 compagnies évaluées – 74% d’efficacité
  • Air Canada – classée 62e sur 125 compagnies évaluées – 61,3% d’efficacité

Pour remettre en perspective, voici le positionnement de quelques autres compagnies:

  • Monarch Airlines – 1ère place (81,1% d’efficacité)
  • Emirates – 20e (72% d’efficacité)
  • KLM – 32e (68,4% d’efficacité)
  • Air France – 34e (67,6% d’efficacité)
  • US Airways – 38e (67,3% d’efficacité)
  • United Airlines – 39e (67,2% d’efficacité)
  • British Airways – 50e (63,9% d’efficacité)
  • Qatar – 51e (63,8% d’efficacité)
  • Lufthansa – 54e (63,7% d’efficacité)
  • Delta – 77e (56,8% d’efficacité)
  • Virgin Atlantic Airways – 112e (43,9% d’efficacité)
  • PGA – Portugalia Airlines – 125e (31,2% d’efficacité)

Le classement complet distingue entre court, moyen et long courriers. Le rapport, ainsi que les détails méthodologiques sont entièrement disponibles en ligne.

Sur son site internet, l’entreprise présente également un calculateur de CO2-équivalent. Par exemple, un aller-retour Montréal-Paris représente 3 800 kg d’équivalent CO2 par passager. On est encore loin d’un vol propre, même si l’industrie fait beaucoup d’effort pour y arriver…

Le secteur aéronautique au Québec

L’aéronautique est un des secteurs les plus importants au Québec, dans le domaine des hautes technologies. Tout d’abord, quelques chiffres pour illustrer cela. Il regroupe près de 250 entreprises, pour un total approchant les 40 000 emplois. C’est ainsi près d’un québécois sur 190 qui travaille dans cette branche. Sa masse salariale représente environ 3,3 % des effectifs mondiaux de ce secteur. Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises représente au Québec environ 12 milliards de dollars. Près de 80 % de la production est exportée, ce qui en fait le premier secteur exportateur manufacturier au Québec. Le seul Québec représente d’ailleurs 60 % de la production totale aéronautique au Canada, mais plus de 70 % de la R&D du secteur. On ne s’étonnera alors pas que l’industrie aéronautique obtienne le premier rang de la R&D au Québec, au sein de la branche manufacturière.

On divise généralement les entreprises de ce secteur en quatre catégories: les maîtres d’oeuvre, les équipementiers, les fournisseurs de produits et de services spécialisés et finalement les sous-traitants. La grappe québécoise regroupe des entreprises de chacune de ces catégories, dont quatre maîtres d’œuvre: Bombardier Aéronautique dans le secteur des avions d’affaires, régionaux et amphibies; Bell Helicopter Textron Canada, constructeur d’hélicoptères; Pratt & Whitney Canada, spécialiste des moteurs d’avions et d’hélicoptères et CAE, concepteur et fabricant de simulateurs et de services de formation intégrés.

Montréal est également le siège de quatre organismes internationaux : l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI); l’Association du transport aérien international (ATAI / IATA); la Fédération internationale des associations de contrôleurs aériens (IFATCA) et le Conseil international de formation aérospatiale (CIFA).

Au-delà de toutes ces informations, il est à noter que la grappe aéronautique québécoise est un regroupement extrêmement innovant. Par exemple, le secteur des jets régionaux a été inventé au Québec, par Bombardier. Cette entreprise a d’ailleurs su se maintenir leader sur cette catégorie d’appareils. Forte de ses succès, Bombardier continue à innover, avec le Série C, avion qui rentrera en concurrence avec les Boeing et Airbus, tout en disposant de nombreux avantages technologiques. Il s’agira notamment d’un avion offrant des économies de coût d’exploitation, et surtout plus silencieux et plus vert, permettant une diminution de près de 20 % de gaz à effet de serre.

Tout cela fait de Montréal, en quelque sorte, la capitale mondiale de l’aéronautique. Il s’agit d’ailleurs du seul endroit au monde, où dans un rayon de 30 km, un avion peut être réalisé au complet. Toutefois, aussi forte que soit la grappe aéronautique québécoise, celle-ci n’en est pas toujours consciente, notamment en termes de maintien des connaissances stratégiques. C’est notamment à cet enjeu majeur pour l’avenir de la grappe aéronautique que s’attaque le groupe en management des entreprises de l’aéronautique dont je fais parti.

Grappe aéronautique Québécoise - Liens d'affaire

Par exemple, nous avons cartographié il y a quelques années les relations d’affaires entre entreprises du secteur (voir l’illustration). À partir de ce modèle, un ensemble de simulation permet de démontrer une certaine sensibilité à certains facteurs clés, notamment la perte de connaissances, due par exemple à des délocalisations potentielles. Alors que le secteur aéronautique canadien fête cette année ses 100 ans, notre groupe travaille avec les entreprises et organismes de la grappe au maintien pour les années à venir des compétences qui ont su donner sa réputation à l’aéronautique québécoise.

Texte retravaillé à partir de l’article paru dans la revue Vision: Blum G., Ebrahimi M. (2009). « Le secteur aéronautique au Québec ». Bulletin Vision, 2(1), octobre.