Tous les articles par Guillaume Blum

Enseignant chercheur en économie-gestion, spécialiste en design de produits, expert du secteur aéronautique, des technologies de l'information, et des technologies vertes

Mais qui enseigne et publie à propos du design thinking ?

Note: bien qu’il soit préférable de parler de pensée design pour traiter du terme anglais de design thinking, j’ai préféré utiliser le terme anglais de part sa grande popularité.

Le terme design thinking apparaît dans les années 90. Sur la Figure 1 réalisée à partir des données de Web of Science, on voit une augmentation linéaire durant toute la décennie (1). Puis à partir du début des années 2000, on note une nette accélération (2). On peut probablement attribuer à Tim Brown la popularisation du terme et une vision correspondant aux méthodes utilisées au sein de l’entreprise IDEO.

Figure 1 – Évolution du terme « Design thinking » dans la littérature scientifique

Sans rentrer dans une définition rigoureuse du terme, on peut dire que le design thinking consiste à utiliser la méthodologie issue du design, notamment du design industriel, à des objets et sujets autres que ceux du design. Une méthode d’innovation et de résolution de problème s’appliquant à des enjeux d’ingénierie, d’organisation, de RH, de gouvernance, etc.

On peut alors se demander quelles sont les disciplines publiant sur le sujet. Pour répondre à cette question, les bases de données de Web of Science ont été interrogées le 14 mars 2020 sur le terme « design thinking » présent comme sujet, c’est-à-dire dans le titre, le résumé ou les mots clés. Les 100 disciplines initiales ont été regroupées en 9 familles de disciplines pour les 86406 articles publiés.

Famille de disciplinesNTaux
Sciences de la santé2196625%
Sciences du génie1361916%
Sciences de l’éducation1267015%
Sciences informatiques1088813%
Divers1014012%
Sciences économiques et de gestion78039%
Sciences sociales50086%
Sciences du design, architecture, urbanisme22063%
Sciences du vivant21062%
Total86406100%
Tableau 1 – Disciplines publiant sur le thème du « design thinking ».
Figure 2 – Représentation graphique des familles de disciplines publiant sur le thème du « design thinking ».

On voit que les trois premières familles de disciplines, correspondant à 56 % des publications dans le domaine scientifique, sont les sciences de la santé, de l’ingénierie et de l’éducation.

Qui enseigne le design thinking ?

Mais qui l’enseignent ? Pour avoir une idée de cette question, on a été interroger les grandes plateformes de cours massifs en ligne (MOOC). Tout d’abord j’ai réuni les cours se référant au design, puis identifié la famille disciplinaire des facultés, ou si cette dernière n’était pas directement identifiable, le rattachement disciplinaire des enseignants du cours. Quelques-uns sont restés non identifiés (N. I.).

Sur un total de 92 cours, le Tableau 2 regroupe les résultats par rattachement disciplinaire:

Famille de disciplinesN
Sciences de la gestion34
Sciences informatiques21
Art14
N. I.9
Sciences du génie7
Science de l’information6
Sciences du design1
Total92
Tableau 2 – Disciplines offrant des formations se référant au design sur les sites de MOOC.

Toutefois, ces différents cours portent sur des thèmes différents touchant à la créativité, à la recherche sur les usagers, etc. Sur ces 92 cours, si on regarde spécifiquement ceux se référant au design thinking, soit dans le titre du cours, soit parce qu’ils sont contributoires à une formation en design thinking, on retrouve alors 24 cours. Sur ces 24 cours, 23 sont donnés dans des formations issues des sciences de gestion (Tableau 3).

Famille de disciplinesN
Sciences de la gestion23
Sciences du génie1
Total24
Tableau 3 – Disciplines offrant des formations en design thinking sur les sites de MOOC

Conclusion

On peut donc conclure que le design thinking, tant dans son volet formatif que dans son volet de recherche, échappe largement aux sciences du design. Le terme est principalement utilisé dans les sciences de la gestion, de l’éducation, de la santé, et du génie. Reste à voir ce qu’il recouvre dans ces différents usages et quel pourrait être le discours des sciences du design sur le design thinking.

Le design est-il politique ? Est-il souhaitable qu’un produit relevant du processus de design soit conçu en adéquation avec un tel caractère politique ?

Le design est politique par essence, puisqu’il s’intègre dans notre milieu de vie et vise à être utilisé.

Qu’est-ce que la politique? C’est la prise en compte et la régulation des rapports de pouvoir. C’est s’intéresser à la chose commune ou publique. C’est un terme qui fait parfois un peu peur, parce qu’il est souvent associé à des manigances petites (en entreprise) ou grandes (house of cards). Pourtant, réfléchir le politique, c’est réfléchir à la gouvernance qu’on peut vouloir totalitaire, oligarchique, partagée, démocratique, etc. Ne pas la réfléchir et ne pas l’intégrer dans ses projets, c’est la meilleure façon, au choix, 1) de créer une direction politique par défaut ; 2) d’être manipulé par une tierce partie.

(Source: Wikipédia)

Tous les enjeux touchant à l’humain sont politiques. La politique évidemment. L’économie. La technologie. Le design.

La croyance en une neutralité axiologique des objets relève au mieux d’une douce naïveté, au pire, d’une tentative d’enfumage. Une arme à feu est une arme à feu, pas un rouleau à pâtisserie. Ce n’est pas l’usage de ces objets qui définit ce qu’ils sont, leurs « gammes d’usages » sont ancrés dans ces objets eux-mêmes. Ce n’est pas un discours commun que l’on entend dans les médias de masse, où l’on préfère présenter l’idéologie de la neutralité. Pourtant les chercheurs, penseurs et praticiens réflexifs savent depuis bien longtemps que cette idéologie est fausse et que les technologies, les produits, les processus ne sont pas neutres!

Idéologie de la neutralité: Lequel est le plus dangereux ? Ça ne dépend pas du produit, mais de leur usage!
(Source : Wikimedia (1) et (2)).

Par son aspect inclusif, embarqué, voire intrusif dans la vie de chacun, le design à un rôle particulièrement important, puisqu’il peut rentrer dans notre usage quotidien. Prenons par exemple une chasse d’eau, une pomme de douche ou une baignoire. Il y a évidemment un lien entre ces produits et la consommation d’eau d’une ville. Or, l’eau potable, c’est des infrastructures publiques, un traitement qui coûte cher. À titre d’illustration, je paye quasiment 700 $ de taxe reliée spécifiquement à l’eau pour l’année 2020. Ce montant est directement relié au volume d’eau total utilisé et à la qualité de cette dernière. Comme l’eau n’est pas économisée et que le traitement coûte cher, pour éviter d’avoir à imposer des montants de 2000 ou 3000 $ au citoyen, les villes et gouvernements doivent limiter le traitement à ce que la science sait être dangereux, et donc ils estiment le non dangereux, en fonction des connaissances scientifiques actuelles. Mais la science est évolutive. Ce qui est dangereux aujourd’hui ne l’était pas hier, et ce qui est sans danger aujourd’hui ne le sera pas obligatoirement demain.

Ainsi, même si nous avons des standards de qualité, ceux-ci ne sont jamais suffisants, car il s’agit d’un compromis, et l’on sait que l’eau traitée (ou l’eau en bouteille) contient des traces de médicaments ou de bisphénol par exemple. Donc, dans le choix d’une pomme de douche, qui peut paraître un acte anodin, il y a ce rapport économique et politique qui est intégré et invisibilisé. Mais il est néanmoins présent.

Un chat dans une baignoire. Cela aura sûrement un impact sur le nombre de vues de cet article !
(Source: Pxhere).

Autre exemple d’actualité, qui touche à la ville. Dans un article de 1980 de Longdon Winner intitulé Do artifacts have politics?, l’auteur met en lumière que la hauteur de plusieurs ponts menant à Jones Beach, au-dessus des autoroutes de Long Island à New York était limité à 2,7 m. À première vue, rien de politique, juste quelques ponts un peu bas.

Mais en creusant plus, Winner a montré que cette hauteur provient de Robert Moses, responsable des constructions de routes, parcs, ponts et autres travaux publics à New York entre les années 20 et les années 70 du siècle dernier. Il se trouve que cette hauteur a été déterminée sur la base des préjugés racistes de Moses. Pour garder l’accès à Jones Beach, ce dernier a limité la hauteur pour rendre les lieux inaccessibles en autobus, qu’il estimait être le moyen privilégié des personnes noires, plus pauvres. Alors qu’il estimait que les personnes blanches (de classes moyennes ou aisées) se déplaçaient majoritairement en voiture. Et comme il est coûteux de détruire un pont pour en reconstruire un autre (sujet brulant à Québec), ces ponts ont été conservés et ils continuent à agir sur la population new-yorkaise.

On est ici dans ce qu’on peut qualifier de design hostile, comme ces bancs qui visent à empêcher les sans-domiciles de les utiliser en intégrant des accoudoirs centraux afin de rendre impossible le fait de s’allonger dessus.

Exemple de design hostile.
(Source: Wikimedia).

On peut donc dire qu’un produit issu du design peut représenter une idée à caractère fort, relatif à une idée politique à travers sa conception. Il le doit même, sous peine d’être l’objet d’un projet politique qui ne sera pas celui du designer. Est-ce souhaitable de réfléchir à cette dimension politique ? Oui, mais cela doit être réalisé en toute transparence, sans chercher à manipuler son mandataire ou ses usagers. C’est comme cela que le design comme discipline et comme pratique sera d’autant plus respecté dans les années à venir.

Référence
Winner, L. (1980). Do artifacts have politics? Daedalus, 121–136.

Nouvelle publication: Comprendre la recomposition des espaces de travail et l’impact sur l’innovation collective : une proposition d’ancrage dans les idéologies contemporaines

Je suis heureux d’annoncer la sortie au Presses de l’Université du Québec de notre chapitre à Thomas Coulombe-Morency et moi-même portant sur la recomposition des espaces de travail et l’impact sur l’innovation collective : une proposition d’ancrage dans les idéologies contemporaines. Celui-ci trouve sa place en guise de conclusion de l’ouvrage L’innovation collective. Quand créer devient essentiel sous la direction de Valérie Lehmann et Valérie Colomb.

Le livre n’est pas encore disponible en version papier pour cause de pandémie, mais est disponible au format ePub et PDF aux PUQ.

Dans le chapitre, nous décrivons les grandes tendances en matière de composition des espaces de travail, tels les aires ouvertes, le bureau flexible, ou encore le télétravail, etc. Nous montrons que ces tendances se trouvent encastrées dans des présupposés ou des idéologies contemporaines jamais ou rarement questionnées, tels la transparence, la désintermédiation naïve, le solutionnisme technologique, etc. La composition des espaces de travail correspond donc à une forme de matérialisation des valeurs idéologiques dans les environnements de travail.

Elles sont donc difficilement questionnables. Ainsi, la recomposition des des espaces de travail est présentée comme favorable à l’innovation, la collaboration, etc. alors que les impacts réels sont plus nuancés.

Nous précisons alors l’impact des modes de réorganisation sur 15 paramètres. Par exemple, le télétravail à un impact généralement positif en matière d’ergonomie, de bruit, de stabilité, d’intimité, d’habitudes et routines, d’ancrage dans un espace ; alors qu’il a un impact généralement négatif sur les liens avec les communautés et les relations interpersonnelles.

Le chapitre conclut sur les impacts de la recomposition des espaces sur l’innovation collective.

La crise de la COVID-19 rend ce travail encore plus important, pour comprendre la dynamique des espaces de travail dans les années à venir.

Référence:
Blum, G., & Coulombe-Morency, T. (2020). La recomposition des espaces de travail et l’impact sur l’innovation collective. Dans V. Lehmann & V. Colomb (Éds.), L’innovation collective. Quand créer avec devient essentiel. (p. 231‑252). Presses de l’Université du Québec.

Design, innovation et administration publique

Ce mois de janvier débute sur deux nouvelles publications chez YLA Formation portant sur deux chapitres reliés, mais que l’on peut lire de manière indépendante, sur l’importance du design dans l’administration publique.:

Les deux chapitres sont disponibles dans l’ouvrage en ligne.

Pour reprendre le descriptif de l’éditeur, “c’est un livre à large clientèle puisqu’il couvre 12 facettes distinctes, mais complémentaires –à bien comprendre et maîtriser– pour toute organisation (publique, privée ou associative) qui souhaite favoriser une Approche intégrée de sa gestion de l’information“.

R&D Management Conference 2020, “Design across organizational boundaries”​, Glasgow – Call for papers

Under the general theme “Innovation Across Boundaries: Historical Reflection and Future Vision” we invite researchers to submit papers in our track “Design spaces across organizational boundaries: Novel opportunities for strategic impact”

Estelle Berger (Strate School of Design, FR), Guillaume Blum (Laval University, CA) and Giulia Marcocchia (École Polytechnique, FR) will be chairing this track. We expect contributions addressing the strategic role of Design in managing systemic innovation. In particular, boundaries shall be challenged regarding:

  • The contribution of design for collaboration among organizations
  • The implementation of a design approach to open innovation 
  • The impacts of design-led innovation on the decision-making process 
  • The KPI associated with design
  • Training managers to design and/or design thinking
  • The contribution of a design approach in formulating the organization’s raison d’être, and the impacts on its CSR & sustainability policy 
  • The role of design in promoting innovation management focused on inclusiveness

Abstracts are expected by February 3rd 2020. Full description and call for papers are available here: https://www.rnd2020.org/Conference-Tracks/id/249

Modeste réflexion sur l’Université, et sur le rôle des professeurs

Au cours de mes explorations chaotiques des internet, j’ai déniché cet avis de 1982, portant sur le rôle du professeur d’Université (Conseil supérieur de l’éducation, 1982). J’y ai trouvé plusieurs idées et arguments intéressants, en lien avec la réflexion sur ma profession, dont la seule dimension enseignement est souvent mise en avant à l’extérieur, qui plus est sous un aspect de « technique pédagogique ». Les professeurs sont ainsi souvent ramenés à des distributeurs d’informations, formateurs de compétence en lien avec les besoins du marché de l’emploi. En parallèle, le discours dominant au sein de la profession vise à mettre en avant la primauté. de la recherche, sans toujours de considération pour la dimension éducative. 

Or ce texte commence par un rappel bienvenu concernant le rôle du professeur le difficile équilibre à trouver entre les quatre catégories désormais classiques de ce qui a trait à l’enseignement, à la recherche, mais également au service à la collectivité et à la participation à la vie universitaire. Ces deux dernières catégories sont parfois confondues, et les trois dernières souvent oubliées. On trouve dans ce rapport de nombreux autres points pertinents. J’en retiens notamment les cinq suivants.

  1. La recension et réfutation de clichés portant sur le professeur: il est le mieux pourvu.. et bien protégé… ; il est « installé dans sa tour d’ivoire»… ; de sa tribune, il endoctrine les jeunes… ; il fait partie de l’establishment… ; il est bon pour discuter, mais ne s’engage pas… ; le professeur humaniste, une espèce rare en voie de disparition…
  2. On trouve aussi cette typologie des professeurs, belle (et parfois drôle), les classant en 10 idéaux types: le professionnel, le pédagogue, le spécialiste, le chercheur, l’entrepreneur, le missionnaire, l’idéologue, le solitaire, l’administrateur, la célébrité (pp. 20-22). J’avoue me reconnaître dans plusieurs de ces catégories.
  3. J’aimais assez cette critique de l’utilitarisme direct des apprentissages souhaités au sein des Universités, et ce rappel que l’évaluation directe et immédiate n’est pas nécessairement la meilleure, puisque jugée dans une perspective clientéliste des étudiants-« apprenants »: […] « La forte tension qui se développe entre les pôles de la pensée et de l’action se répercute aux divers plans des fonctions professorales. L’enseignement dispensé par le professeur est plus fréquemment controversé. Les étudiants ont appris bien avant leur entrée à l’université, les «vertus» de la contestation: ils reprochent aux professeurs de ne pas respecter les « syllabus », de donner des cours qui s’intègrent mal au programme de formation choisi et de négliger l’apport interdisciplinaire qui permettrait de situer et d’enrichir les connaissances acquises. De plus, le nombre de ceux qui ont connu ou connaissent pendant leurs études le marché du travail ne cesse de croître. A leur avis, l’enseignement est trop spécialisé, trop abstrait, « décroché » de la réalité, sans relation avec l’acquisition d’un savoir-faire professionnel » (p. 24).
  4. Le rapport rappelle également les influences françaises, allemandes, américaines liées à la construction du système universitaire québécois. « Les universités québécoises se sont constituées et développées en empruntant à ces diverses conceptions. Elles ont évolué sous l’effet d’une conjugaison de facteurs sociaux, scientifiques et culturels pour composer aujourd’hui une fresque aux couleurs diffuses et éclatées » (p. 27)
  5. Certains passages sur l’excès de tâches bureaucratique (rappel: on est en 1982 !), rentre en écho avec nos problématiques contemporaines, démultipliées par 40 ans de « néolibéralisme » et d’appauvrissement des institutions universitaires. « les tâches professorales ont besoin d’une certaine «épuration». Les aspects bureaucratiques de la fonction canalisent indûment, aux dires des professeurs eux-mêmes, une bonne part de leurs énergies et de leur temps au détriment d’activités plus utiles et plus productives. Les activités liées à la participation sous toutes ses formes sont envahissantes; il faudrait discerner celles qui sont essentielles de celles qui sont accessoires ou inopportunes » (p.39).

Finalement, je partage ici la conclusion de cet avis (l’emphase en gras est mienne):

« Comme institutions implantées dans la société québécoise, les universités sont investies d’une mission éducative importante qui doit conjuguer les impératifs du développement culturel et scientifique à ceux du développement socio-économique. Chacun de ces plans propose sa logique propre mais il est plus facile de les concilier lorsque abondent les ressources pour les soutenir. Dans le cas contraire, d’inévitables tensions naissent et provoquent de dures remises en question. Le contexte qui vient d’être évoqué place l’université québécoise dans une situation critique : elle subit de fortes pressions pour conformer son action aux exigences socio-économiques actuelles mais elle ne peut renoncer à la poursuite libre d’objectifs éducatifs, culturels et scientifiques, non immédiatement et non nécessairement rentables.

Parler de la productivité de l’université, c’est parler de l’efficacité et de la productivité de son corps professoral: la charge de travail devient alors l’objet premier de la rationalisation. Pourtant, le professorat, au niveau universitaire, n’est pas une sinécure. Fondamentalement axé sur la formation des personnes et le développement des connaissances, le rôle du professeur se situe dans un domaine aux perspectives multidimensionnelles, où il est sollicité de toutes parts. On ne reconnaît pas toujours le caractère particulier de l’effort intellectuel nécessaire pour remplir — successivement et parfois simultanément — plusieurs tâches différentes dans des contextes différents, avec une liberté de pensée et d’action qui ne doit pas se disperser dans l’activisme ou le dilettantisme mais servir une intégrité personnelle et professionnelle authentique.

À une extraordinaire croissance des besoins de développement de tous types, qui se diversifient plus rapidement qu’à toute autre période de l’histoire, répond une tendance irrépressible à accélérer les changements et les réformes. Cependant, les besoins, si urgents soient-ils, excèdent les possibilités et les ressources des universités et des universitaires. On en attend la formation d’un nombre beaucoup plus grand d’étudiants dans l’optique d’une prolifération de spécialités très poussées, et ce, pendant de plus longues périodes et même dans une perspective de perfectionnement permanent. Les services publics et l’entreprise privée réclament un progrès décisif des connaissances dans tous les champs d’activité, une amélioration continuelle des techniques et l’apport de solutions satisfaisantes aux problèmes concrets de l’heure: d’où le nombre et l’extension des projets de recherche disciplinaire et interdisciplinaire qu’il faudrait poursuivre et compléter. S’ajoutent encore les demandes incessantes de nouveaux types d‘ intervention dans l’organisation de la vie, du travail et des loisirs: les universitaires doivent pressentir les lignes de force qui se dessinent, découvrir les foyers d’intérêt et les courants sociaux qui auront des incidences sur un avenir prochain.

De telles exigences sont difficilement conciliables; elles requièrent une mobilité et une adaptabilité constantes qui, peu à peu, risquent de causer une diminution de la qualité des services offerts et même une déviation importante de l’essentiel: le professeur doit contribuer à former un être capable d’assumer un destin individuel et collectif » (p.39-40).

Source: Conseil supérieur de l’éducation (1982). Le rôle du professeur d’université. Avis au ministre. Disponible en ligne: http:/www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/Avis/50-0315.pdf

Perspectives plurielles du design : évolution ou transformation de la recherche et des pratiques ?

Appel à communication, Dans le cadre du congrès de l’ACFAS, les 27 et 28 mai 2019, Canada

Problématique

Évoluant tout en maintenant vivante ses approches traditionnelles, le champ du design s’est ouvert à de nouvelles pratiques, de nouvelles approches théoriques et de nouvelles méthodologies à travers le temps et notamment depuis les années 2000. Si comme Buchanan l’expliquait déjà en 1992, le design concerne des interventions à des échelles allant de l’image, à l’objet, à l’espace et au système, il se décline maintenant en autant de pratiques, de modèles théoriques et de méthodologies qu’il convient de situer et d’interroger.

  • Des pratiques plurielles. Ainsi, au-delà des pratiques traditionnelles du design graphique, d’intérieur, de produits, se sont développées le design d’interactions (Bill Buxton, 2007 ; Norman, 2002), le co-design (Sanders & Stappers, 2008; Meroni et al., 2018), le design de service (Kimbell, 2014; Sangiorgi & Prendiville, 2017), le design d’expériences (Shedroff, 2001 ; Hassenzahl, 2010), le design d’interfaces, et le design d’information (Horn, 1999), le design management (Borja de Mozota, 2018), le design thinking (Brown, 2014) dans les milieux corporatifs, politiques et administratifs (Julier & Kimbell, 2016), le design de politiques (27e Région, 2010; Bason, 2014; Kimbell, 2015).
  • Des perspectives conceptuelles et théoriques multiples avec l’apparition entre autres, d’une réflexion sur la responsabilité (Papanek, 1972) sur l’innovation sociale (Manzini, 2015), l’activisme par le design (Fuad-Luke, 2009) sur le féminisme (Sparke, 1995, Buckley, 2009), sur la décolonisation (Escobar, 2018), sur le design de transition (Irwin, 2015) ouvrant elles-mêmes de nouvelles pratiques critiques et avenues de recherche.
  • Des méthodologies diversifiées issues d’un ancrage de plus en plus affirmé avec les sciences humaines et sociales, qui tend à transformer les liens du design avec les arts appliqués et les sciences de l’artificiel (Simon, 2004). Cet ancrage amène des méthodes reposant sur une compréhension fine des perspectives cognitives, sociologiques, anthropologiques de l’expérience humaine.

Le design demeure l’activité transdisciplinaire qu’il était déjà, mais il s’étend sur ses pratiques, ses théories, ses méthodes, ouvrant alors de toutes nouvelles perspectives tant en matière de recherches que de pratiques. En touchant aux enjeux pratiques, théoriques et méthodologiques, c’est finalement également la question de l’assise épistémologique et des spécificités des métiers du design qui se posent. Ces nouvelles frontières du design poussent donc également à réfléchir sur son identité profonde.

Ce colloque vise à réfléchir à ces mutations en cours et à venir. Plusieurs questions pourront y être traitées, de manière non exhaustive, en voici quelques-unes : quelles relations entre les approches traditionnelles et renouvelées du design ? Quels impacts de ces nouvelles pratiques, théories ou approches ? En s’étendant de la sorte, peut-on encore parler de design ? Faut-il repenser les assises épistémologiques du design ? Quelles tendances futures pour le design ?

Pertinence

Le colloque vise une meilleure compréhension de la transformation et de l’évolution des activités de design, tant au niveau de sa pratique que de la recherche, afin de produire de nouvelles connaissances conceptuelles, théoriques qui permettront de dessiner les pourtours d’un portrait plus juste des enjeux contemporains auxquels fait face le design – et auxquels font face les designers. Les échanges entre les différents membres de la communauté du design intéressés par les thèmes proposés offriront certainement des retombées pertinentes d’un point de vue scientifique, mais aussi d’un point de vue social. En effet, le colloque vise à permettre la diffusion de travaux entre chercheurs et praticiens en design. En effet, les échanges se veulent accessibles aux praticiens qui auraient développé une approche réflexive poussée. Il est fondamental de contribuer à nourrir une relation entre le monde professionnel et le milieu universitaire, afin de développer les transferts de connaissances et de pratiques. De plus, Armstrong et al. (2014) soulignent dans un rapport commandé par le Arts & Humanities Research Council en Angleterre que la pratique du design a, depuis quelques années, élargi sa portée et s’engage maintenant dans de nouveaux champs, comme celui de la politique, mais que la recherche en design n’a, dans l’ensemble, pas su suivre cet élan. Pourtant, l’intérêt grandissant des différents intervenants (étudiants, professionnels et chercheurs) pour le design à portée sociale permet de constater que sa pratique a devancé la capacité de sa recherche, du moins dans le contexte anglais décrit par Armstrong et al. Il serait donc pertinent, voire important, d’établir un état de la situation auprès de la communauté francophone du design.

Objectifs

Le colloque vise quatre objectifs : 1) Au niveau scientifique, développer une meilleure compréhension des mutations en cours, en vue de comprendre comment ces mutations impactent les activités de design, y compris les activités traditionnelles du design. Reconnaître en particulier les démarches de recherche action / création, qui contribuent aujourd’hui à l’ancrage épistémologique du design. 2) Au niveau de la relève en recherche, offrir aux chercheurs juniors la possibilité de présenter leurs travaux en lien avec leur recherche de maîtrise ou de doctorat, et d’avoir un retour de la communauté de chercheurs établis. 3) Au niveau communauté des chercheurs en design, réunir dans le cadre d’un colloque annuel lors de l’ACFAS les chercheurs en design de la communauté francophone, et plus particulièrement ceux présents au Québec pour enrichir la dynamique de recherche et 4) renforcer les liens les professionnels du design.

Format

Le format prévu est une organisation sur une journée et demie (27 et 28 mai 2019).

  • La première demi-journée organisée l’après-midi fera intervenir des chercheurs juniors (étudiants de 2e et 3e cycle) présentant leurs travaux, en vue de les aider dans le développement de leurs problématiques, méthodes de recherches, etc. La présence de chercheurs seniors vise à aider les étudiants dans l’élaboration de leurs recherches. Il est prévu de faire intervenir 8 à 10 étudiants à raison de 30 minutes par intervenant.
  • La journée du 28 mai sera l’occasion d’intervention de travaux de recherche en lien avec la thématique du colloque.

Processus et critères de sélection des conférenciers

  1. Un résumé d’une page maximum est à envoyer à design.acfas2019@gmail.com. Préciser si vous postulez dans la catégorie
    1. chercheur junior – recherche en cours ou
    1. dans la section principale.

Date limite pour candidater : 25 février.

  • Les communications seront évaluées par le comité scientifique sur la base de trois critères : pertinence du sujet ; qualité de la méthodologie ; originalité (ou rigueur) de l’apport conceptuel/théorique et/ou empirique.
  • La réponse aux conférenciers sera délivrée début mars.


Références

  • 27e Région, (2010), Le design des politiques publiques, Paris : La documentation française.
  • Armstrong, L., Bailey, J., Julier, G. & L, Kimbell. (2014). Social Design Futures. University of Brighton : England.
  • Bason, C. (Ed.). (2014). Design for Policy. London: Routledge.
  • Borja de Mozota, B. (2018). Quarante ans de recherche en design management : une revue de littérature et des pistes pour l’avenir. Sciences Du Design, (7), 28–45.
  • Brown, T. (2014). L’Esprit design: Comment le design thinking change l’entreprise et la stratégie. Montreuil. Pearson Education.
  • Buchanan, R. (1992). Wicked Problems in Design Thinking. Design Issues, 8(2), 5–21.
  • Buckley, C. (2009). Made in Patriarchy: Theories of women and design- a reworking. In H. Clark & D. E. Brody (Eds.), Design studies: a reader. Oxford ; New York: Berg.
  • Buxton, W. (2007). Sketching user experiences: getting the design right and the right design. Amsterdam: Elsevier/Morgan Kaufmann.
  • Escobar, A. (2018). Designs for the pluriverse: radical interdependence, autonomy, and the making of worlds. Duke University Press.
  • Fuad-Luke, A. (2009). Design activism. Beautiful strangeness for a sustainable world. New York, NY : Taylor & Francis.
  • Hassenzahl, M. (2010). Experience Design: Technology for All the Right Reasons. Synthesis Lectures on Human-Centered Informatics, 3(1), 1-95.
  • Horn, R. E. (Ed.). (1999). Information design. The MIT Press.
  • Jullier,G. & L. Kimbell. (2016). Co-Producing Social Futures Through Design Research, University of Brighton.
  • Kimbell, L. (2015). Applying design approaches to policy making: discovering policy lab. Brighton: University of Brighton. Retrieved from http://ualresearchonline.arts.ac.uk/9111/
  • Manzini, E. (2015). Design, when everybody designs: an introduction to design for social innovation. Cambridge, Massachusetts: The MIT Press.
  • Meroni, A., Selloni, D. & M. Rossi. (2018). Massive Codesign : A Proposal for a Collaborative Design Framework. FrancoAngeli : Milano, Italy.
  • Norman D. A. (2002), The design of everyday things. New York : Basic books.
  • Papanek, V. J. (1972). Design for the real world: human ecology and social change. New York: Pantheon Books.
  • Sanders, E. et P.J. Stappers, (2008), « Co-creation and the new landscape of design », Co-design, 4(1): 5-18.
  • Simon, H. (2004). Les Sciences de l’artificiel. Gallimard.
  • Shedroff, N. (2001). Experience Design 1. New Riders : Indianapolis, Ind.
  • Sparke, P. (1995). As long as it’s pink. London: Pandora.

Comité scientifique

Walid Belazreg, Université Côte d’Azur, CNRS GREDEG Sophia Antipolis ; Estelle Berger, Strate école de design ; Guillaume Blum, École de design de l’Université Laval ; Colin Côté, École de design de l’Université Laval ; Valérie Côté, École de design de Université Laval ; Michel de Blois, École de design de l’Université Laval ; Claudia Déméné, École de design de l’Université Laval ; Alain Findeli, Université de Nîmes ; Caroline Gagnon, École de design de l’Université Laval ; Philippe Gauthier, École de design de l’Université de Montréal ; Tatiana Leblanc, École de design de l’Université de Montréal ; Jocelyne Le Bœuf, L’École de design Nantes Atlantique ; Pascal Lièvre, Université de Clermont Auvergne ; Frédéric Lépinay, École de design de l’Université Laval ; Marie D. Martel, EBSI, Université de Montréal ; Frédérique Pain, Strate école de design ; Sébastien Proulx, Ohio State University ; Stéphane Vial, École de design de l’UQAM.

Comité organisateur

Guillaume Blum, Valérie Côté, Sonia Cadoret, Justin Gélinas, Juliette Griesemann, Raphaël Guyard, Marie-Pier Savard.

Contact : design.acfas2019@gmail.com

Innover pour créer du sens? La voie de l’innovation par le design

Turbulences est un journal conçu comme un espace de veille à destination des décideurs, des planneurs stratégiques et des responsables de l’innovation, afin de leur apporter la vision essentielle des enjeux stratégiques à venir. La publication propose un panorama des dernières études de tendances, un tour du monde des innovations insolites ou remarquables, et une sélection des ouvrages les plus marquants parus dernièrement.

À l’occasion du dernier numéro sorti cette semaine de décembre 2018, j’ai publié un article portant sur l’innovation par le design comme activité créatrice de sens, contrairement à l’usage “traditionnel” du terme innovation utilisé comme rhétorique creuse.

Montée de la littérature scientifique des articles ayant comme sujet l’innovation.
Source des données: Web of science.

“Il est frappant de voir l’évolution de l’usage du terme. Ainsi, si on observe l’évolution relative des articles ayant pour sujet l’innovation dans la littérature scientifique de 1900 à 2016 (voir la Figure 1), on observe une explosion de son usage. Que l’on peut découper en quatre grandes phases, interprétables comme suit: 1) dans une première phase des années 1900 aux années 1950 le terme est très peu utilisé. On ne s’intéresse que peu en science aux applications ou au phénomène de l’innovation. 2) Des années 50 aux années 80, on observe une montée reliée aux premiers travaux identifiant l’innovation comme un phénomène important dans l’activité économique, notamment suite aux travaux de Schumpeter et des économistes évolutionnistes s’inscrivant dans sa lignée et approfondissant ses concepts. On commence à étudier l’innovation comme objet et à s’y référer comme résultat. 3) Des années 80 aux années 2000, on observe une accélération de la croissance, reliée à l’orientation néolibérale de la société qui commence à mettre en compétition les chercheurs, à demander des retombées en matière d’innovation. Le terme commence à se « fétichiser » et commence à être utilisé (artificiellement) pour justifier des financements complémentaires. 4) La quatrième phase dans laquelle nous nous trouvons est reliée à une intériorisation par les chercheurs des normes issues de la phase précédente, associée à une managérialisation des organismes publics et notamment de la recherche poussant au développement d’innovation pour toute recherche. Le terme est utilisé de manière creuse, sans sens associé, presque un usage phatique, c’est-à-dire assurant un contact linguistique sans communiquer de message associé”. (p. 8)

L’article est disponible en ligne au sein du numéro 4 de Turbulences.

Blum, G. (2018). Innover pour créer du sens? La voie de l’innovation par le design. Turbulences, (4), 7‑14.

Dossier sur le design management dans Sciences du design 07

C’est avec beaucoup de plaisir que ma collègue Véronique Cova et moi-même accueillons la publication du numéro thématique sur le design management de la revue Sciences du design que nous avons dirigés .

En plus de notre article d’ouverture accessible en libre accès, trois articles sont présentés dans ce dossier. L’article de Brigitte Borja de Mozota a également été tiré au sort pour être directement accessible. Voici donc le sommaire :

Deux autres articles de Yann Aucompte et de Philippe Gauthier, Sébastien Proulx et Yaprak Hamaratdans la catégorie Varia, deux visualisations de Lisa Borgenheimer et de Fabrice Sabatier et Axel Correia, et l’éditorial de Stéphane Vial, David Bihanic et Jocelyne Le Bœuf sont également présents dans ce numéro disponible en ligne sur CAIRN. Il est également possible de commander une version papier ici.

Bonne lecture et bon été !

Le designer : acteur de l’économie et de l’innovation responsable.

Je reproduis ici le court texte paru dans le livret des finissants 2018 en design de produits. L’occasion d’aller voir les magnifiques projets de nos – ex – étudiants. L’une des caractéristiques du programme en design de produits de l’Université Laval est sa dimension entrepreneuriale (au sens large), nos étudiants étant amenés à développer un modèle économique pour leur produit.

Blum, G. (2018). Le designer : acteur de l’économie et de l’innovation responsable. In cohorte 2018 (Éd.), Première Expo (p. 87). Québec, Canada: École de design, Université Laval. Consulté à l’adresse https://www.design.ulaval.ca/files/design/LivretBDP2018.pdf

Le design est plus qu’une discipline. C’est une attitude, une approche non pas linéaire et progressive, mais tourbillonnante, pleine de vie, de passion, de compréhension, de curiosité, d’interrogation du réel, menant à un résultat, une innovation. Pour devenir réalité, l’innovation a besoin d’une structure, d’une organisation, d’un modèle économique et organisationnel. Cela peut se retrouver dans une entreprise déjà existante, mais ces dernières sont moins aptes à innover parce que déjà structurées, possédant leurs propres routines organisationnelles (Nelson et Winter, 1982), leurs sentiers de dépendance préexistants (David, 1994) menant à un enfermement créatif et économique. C’est pour cela que l’on retrouve souvent l’innovation associée à de jeunes entreprises, qui n’ont rien à perdre dans une perspective évolutionniste de l’économie. Ainsi, Schumpeter (1911) a fait de l’entrepreneur l’acteur central du capitalisme.

Or l’entrepreneuriat est le plus souvent associé aux écoles de gestion. Pourtant dans l’action d’entreprendre, il y a l’acte de créer, d’innover. Il y a cette folie nécessaire, mais maîtrisée, si lointaine de l’activité gestionnaire telle qu’elle est couramment enseignée dans les facultés d’administration, si proche de la démarche du design. Certes, un certain nombre d’apprentissages sont à faire sur la maîtrise d’outils de gestion. Mais ils ne sont pas centraux. Vaut-il mieux former un designer aux outils de la gestion ou un gestionnaire aux outils du design? La question n’est pas tranchée, mais les diplômés du baccalauréat en design de produits reçoivent aussi une solide formation en gestion. Et peut-être l’erreur, dans nos sociétés individualistes, est de vouloir faire reposer l’entrepreneuriat sur un seul individu plutôt sur une démarche partenariale.

Les diplômés du baccalauréat en design de produits sont formés à l’innovation et l’entrepreneuriat par le design, dans une perspective humaniste, sociétale, responsable, collective. Parce que peut-être jamais autant qu’aujourd’hui – de par les transitions climatique, numérique, sociétale, technologique – nous n’avons eu besoin de vrais innovateurs, de vrais entrepreneurs. Bref, de vrais designers.

Souhaitons le meilleur à nos diplômés, pour le futur du Québec, du Canada, de toute l’humanité.

Bibliographie

David, P. A. (1994). Why are institutions the ‘carriers of history’?: Path dependence and the evolution of conventions, organizations and institutions. Structural Change and Economic Dynamics, 5(2), 205‑220.

Nelson, R. R., & Winter, S. G. (1982). An evolutionary theory of economic change. Belknap Press of Harvard University Press Cambridge, Mass.

Schumpeter, J. (1911). Théorie de l’évolution économique. Recherche sur le profit, le crédit, l’intérêt et le cycle de la conjoncture. Consulté à l’adresse http://classiques.uqac.ca/classiques/Schumpeter_joseph/theorie_evolution/theorie_evolution_2.pdf