Tous les articles par Guillaume Blum

Enseignant chercheur en économie-gestion, spécialiste en design de produits, expert du secteur aéronautique, des technologies de l'information, et des technologies vertes

Dossier sur le design management dans Sciences du design 07

C’est avec beaucoup de plaisir que ma collègue Véronique Cova et moi-même accueillons la publication du numéro thématique sur le design management de la revue Sciences du design que nous avons dirigés .

En plus de notre article d’ouverture accessible en libre accès, trois articles sont présentés dans ce dossier. L’article de Brigitte Borja de Mozota a également été tiré au sort pour être directement accessible. Voici donc le sommaire :

Deux autres articles de Yann Aucompte et de Philippe Gauthier, Sébastien Proulx et Yaprak Hamaratdans la catégorie Varia, deux visualisations de Lisa Borgenheimer et de Fabrice Sabatier et Axel Correia, et l’éditorial de Stéphane Vial, David Bihanic et Jocelyne Le Bœuf sont également présents dans ce numéro disponible en ligne sur CAIRN. Il est également possible de commander une version papier ici.

Bonne lecture et bon été !

Le designer : acteur de l’économie et de l’innovation responsable.

Je reproduis ici le court texte paru dans le livret des finissants 2018 en design de produits. L’occasion d’aller voir les magnifiques projets de nos – ex – étudiants. L’une des caractéristiques du programme en design de produits de l’Université Laval est sa dimension entrepreneuriale (au sens large), nos étudiants étant amenés à développer un modèle économique pour leur produit.

Blum, G. (2018). Le designer : acteur de l’économie et de l’innovation responsable. In cohorte 2018 (Éd.), Première Expo (p. 87). Québec, Canada: École de design, Université Laval. Consulté à l’adresse https://www.design.ulaval.ca/files/design/LivretBDP2018.pdf

Le design est plus qu’une discipline. C’est une attitude, une approche non pas linéaire et progressive, mais tourbillonnante, pleine de vie, de passion, de compréhension, de curiosité, d’interrogation du réel, menant à un résultat, une innovation. Pour devenir réalité, l’innovation a besoin d’une structure, d’une organisation, d’un modèle économique et organisationnel. Cela peut se retrouver dans une entreprise déjà existante, mais ces dernières sont moins aptes à innover parce que déjà structurées, possédant leurs propres routines organisationnelles (Nelson et Winter, 1982), leurs sentiers de dépendance préexistants (David, 1994) menant à un enfermement créatif et économique. C’est pour cela que l’on retrouve souvent l’innovation associée à de jeunes entreprises, qui n’ont rien à perdre dans une perspective évolutionniste de l’économie. Ainsi, Schumpeter (1911) a fait de l’entrepreneur l’acteur central du capitalisme.

Or l’entrepreneuriat est le plus souvent associé aux écoles de gestion. Pourtant dans l’action d’entreprendre, il y a l’acte de créer, d’innover. Il y a cette folie nécessaire, mais maîtrisée, si lointaine de l’activité gestionnaire telle qu’elle est couramment enseignée dans les facultés d’administration, si proche de la démarche du design. Certes, un certain nombre d’apprentissages sont à faire sur la maîtrise d’outils de gestion. Mais ils ne sont pas centraux. Vaut-il mieux former un designer aux outils de la gestion ou un gestionnaire aux outils du design? La question n’est pas tranchée, mais les diplômés du baccalauréat en design de produits reçoivent aussi une solide formation en gestion. Et peut-être l’erreur, dans nos sociétés individualistes, est de vouloir faire reposer l’entrepreneuriat sur un seul individu plutôt sur une démarche partenariale.

Les diplômés du baccalauréat en design de produits sont formés à l’innovation et l’entrepreneuriat par le design, dans une perspective humaniste, sociétale, responsable, collective. Parce que peut-être jamais autant qu’aujourd’hui – de par les transitions climatique, numérique, sociétale, technologique – nous n’avons eu besoin de vrais innovateurs, de vrais entrepreneurs. Bref, de vrais designers.

Souhaitons le meilleur à nos diplômés, pour le futur du Québec, du Canada, de toute l’humanité.

Bibliographie

David, P. A. (1994). Why are institutions the ‘carriers of history’?: Path dependence and the evolution of conventions, organizations and institutions. Structural Change and Economic Dynamics, 5(2), 205‑220.

Nelson, R. R., & Winter, S. G. (1982). An evolutionary theory of economic change. Belknap Press of Harvard University Press Cambridge, Mass.

Schumpeter, J. (1911). Théorie de l’évolution économique. Recherche sur le profit, le crédit, l’intérêt et le cycle de la conjoncture. Consulté à l’adresse http://classiques.uqac.ca/classiques/Schumpeter_joseph/theorie_evolution/theorie_evolution_2.pdf

Le design thinking est-il partout, sauf en design ?

[English will follow]

Vous êtes convié mardi 3 avril de 15h15 à 17h15 à une table ronde sur le thème Le design thinking est-il partout, sauf en design ? dans le cadre des journées de l’innovation de l’Abbé Grégoire, organisée au conservatoire des arts et métiers à Paris. Vous pouvez vous inscrire en envoyant un courriel à l’adresse suivante:

designthinkingeverywhere@gmail.com

Avant toute chose, nous souhaitons faire discuter et se rencontrer chercheurs et praticiens en gestion et en design.

Participeront:

  • Brigitte Borja de Mozota
    Maître de Conférences Honoraire à l’Université de Paris Ouest France
    Institut ACTE (UMR 8218, CNRS/Université Paris 1)
  • Estelle Berger
    Docteure en Arts Appliqués, enseignante chercheure, Strate Ecole de Design, Sèvres, France
  • Giulia Marcocchia
    PhD candidate, i-3 SES Telecom ParisTech
  • Bérangère Lauren Szostak
    Professeur des Universités en Sciences de Gestion
    Université de Lorraine, Laboratoire BETA,
  • Martin Kupp
    Associate Professor, ESCP Europe
    Director of research, Chair of Entrepreneurship

Organisateurs:

  • Frédérique Pain
    Directrice de la Recherche, Strate Ecole de Design
  • Guillaume Blum
    Professeur à l’école de design de l’Université Laval
    Groupe design, innovation et humanismes

Arguments

Depuis quelques années, l’intérêt pour le design thinking ou la pensée design s’est grandement accru. Entre janvier 2004 et novembre 2017 les recherches associées ont cru de plus de 16 fois (source: Google Trends). Dans la littérature scientifique, les premières références remontent à 1976. En 2000, on dénombrait 4 références là où l’on en retrouvait 279 en 2016 (source: Web of science). Et la tendance ne semble pas s’amoindrir.

Évolution du nombre d’articles scientifique sur le thème de la pensée design.
Source: Web of science.

La pensée design est l’objet de nombreux débats contradictoires. Le courant le plus souvent représenté la décrit comme une méthode de résolution de problèmes grâce à un processus théorisé à partir de la pratique des designers. Décrite notamment par Brown (2008) et par l’entreprise IDEO, elle vise à permettre à des non-designers d’appliquer la pensée design à leurs problèmes, quels qu’ils soient, pour aboutir à des solutions innovantes. D’autres comme Boland et Collopy (2004) y voient une théorie du management. Kimpbell (2011) identifie trois perspectives de la recherche sur la pensée design : un style cognitif, une théorie du design, une ressource pour les organisations. Plusieurs voient un problème dans l’application « bête et méchante » d’une procédure, sans en comprendre le quoi et le pourquoi, sans qu’elle ne soit adaptée à la culture de l’organisation. Ainsi, Kupp et al. (2017) à repenser la pensée design.

Paradoxalement, le champ d’intervention de la pensée design s’est développé indépendamment de la recherche et des pratiques en design. En effet, 1) la pensée design s’est beaucoup diffusée dans le monde de l’entreprise comme une forme d’innovation managériale visant à proposer une méthodologie permettant créativité et innovation. Ce faisant, elle s’est éloignée de la pratique du design en tant que telle, ce qui n’est pas sans créer de nombreuses tensions. Or, 2) on observe l’existence de la pensée design principalement dans les écoles et formations en gestion et bien peu dans celles de design.

Il existerait donc une tension entre la pensée design 1) comme fondement réflexif de la pratique du design (comment le design se pense) et 2) comme méthode de gestion applicable en vue d’améliorer le taux de produits et services innovants. Or, tout se passe comme si ces deux univers évoluaient indépendamment l’un de l’autre, sans tisser de liens.

Or, peut-on pratiquer la pensée design sans designer? S’agit-il de la même pratique, qu’un designer soit présent ou non dans le processus? Si oui, on peut alors se questionner sur l’apport des études en design? Imaginerait-on la construction d’un pont après une formation courte en “engineering thinking” ? La prescription de médicaments après un workshop “prescription thinking” ? Si non qu’appelle-t-on le design dans la pensée design ?

On peut donc légitimement se questionner quant à savoir qui porte la responsabilité de ce non-dialogue? Est-ce le praticien de la pensée design, obnubilé par sa pratique, perdant de vue la discipline d’origine? Ou le designer refusant toute hybridation et dialogue? La responsabilité est-elle partagée? Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là?


We are organizing a round table Tuesday, April 3 from 15:15 to 17:15 on the theme

Design thinking is everywhere. Except in design?

as part of the  Abbé Grégoire Innovation Days, organized at the Conservatoire des arts et métiers (CNAM), Paris. If you are interested to participate, you can register by sending an email to the following address:

designthinkingeverywhere@gmail.com

Participants:

  • Brigitte Borja de Mozota
    Honorary associate professor at the University of Paris Ouest France
    ACTE Institute (UMR 8218, CNRS / University Paris 1)
  • Estelle Berger
    PhD in Applied Arts,
    Lecturer and researcher, Strate School of Design, Sèvres, France
  • Giulia Marcocchia
    PhD candidate, i-3 SES Telecom ParisTech
  • Bérangère Lauren Szostak
    Full Professor in Management
    University of Lorraine, BETA Laboratory
  • Martin Kupp
    Associate Professor, ESCP Europe
    Director of Research, Chair of Entrepreneurship

Organizers:

  • Frédérique Pain
    Director of Research, Strate School of Design
  • Guillaume Blum
    Professor at the design school of the Laval University
    Group design, innovation and humanisms

We want to discuss and meet researchers and practitioners in design and management fields.

Bibliography

  • Boland, R., & Collopy, F. (2004). Managing as Designing – Common. Stanford University Press.
  • Brown, T. (2014). L’Esprit design: Comment le design thinking change l’entreprise et la stratégie. Montreuil (Seine-Saint-Denis): Pearson Education.
  • Kimbell, L. (2011). Rethinking Design Thinking: Part I. Design and Culture, 3(3), 285‑306. https://doi.org/10.2752/175470811X13071166525216
  • Kupp, M., Anderson, J., & Reckhenrich, J. (2017). Why Design Thinking in Business Needs a Rethink. Sloan Management Review. Consulté à l’adresse http://sloanreview.mit.edu/article/why-design-thinking-in-business-needs-a-rethink

Réflexion sur les liens entre design et management

J’ai eu l’occasion il y a quelques semaines d’écrire un article présentant une réflexion sur les liens entre le design et le management dans le journal du centre de recherche en gestion de l’école polytechnique, Le Libellio. Voici l’article, également disponible dans le numéro 4 du volume 13. En espérant qu’il intéressera ceux que le lien entre ces deux domaines intéresse:

Blum, G. (2017). « Éléments de réflexion sur le design et sur le management ». Le Libellio 13(4), pp. 61-68.

PS. Merci à Hervé Dumez pour l’invitation à écrire cet article.

Publication du rapport – L’impression 3D : de l’émerveillement technique aux enjeux organisationnels, économiques et sociétaux

Après plusieurs mois de travail, Nadim Tadjine, Michel de Blois et moi-même sommes heureux de publier ce rapport sur l’impression 3D:

Blum, G., de Blois, M., & Tadjine, N. (2017). L’impression 3D: de l’émerveillement technique aux enjeux organisationnels, économiques et sociétaux. Québec, Canada: École de design, Université Laval. Disponible sur http://design.ulaval.ca/impression3d
Le rapport s’intéresse avant tout aux conséquences humaines et sociales reliées à l’impression 3D.  Après un premier chapitre consacré à l’évolution historique, puis un deuxième aux éléments techniques (types de machines, techniques d’impression, matériaux, etc.), les trois chapitres suivants se centrent sur les enjeux organisationnels, économiques et sociétaux.
Ce rapport devrait intéresser les professionnels qui souhaiteraient sortir des enjeux purement techniques, mais également les curieux, les étudiants et les chercheurs, tant en sciences humaines et sociales que dans des domaines scientifiques et techniques.

(Co)design: révolution ou dérive démocratique ?

Le 24 mars dernier, avec ma collègue Caroline Gagnon, nous avons organisé un débat portant sur le thème du co-design dans le cadre de la nuit des débats. J’en profite pour remercier les organisateurs de La nuit des débats, événement ayant regroupé 32 débats à Montréal, sans compter le fait qu’en parallèle, se tenait à Paris et Dakar d’autres débats tout aussi stimulants. C’en est presque rageant, si j’en avais eu l’occasion, je serai allé à nombre d’autres rencontres qui se sont tenues au même moment!

Pour finir avec les remerciements, je souhaite vraiment remercier chaleureusement les personnes présentes parmi le public ainsi que les participants que nous avions invités, et dont la présence s’est révélée pour chacun extrêmement stimulante. Nous avons eu la chance d’échanger avec :

  • Alexandre Berkesse | Directeur, École du partenariat en santé, Faculté de médecine de l’Université de Montréal
  • Jonathan Lapalme | Fondateur Les interstices – Atelier de design stratégique
  • Caroline Magar | chargée de projet, Les interstices – Atelier de design stratégique
  • Hugo Steben | Directeur de la Maison de l’innovation sociale
  • Nadim Tadjine | étudiant au doctorat en design, innovation sociale et publique, Université Laval.

À tous les cinq, mille mercis ! Pour info, en guise d’appel à participation, voici ce que nous en avions précédemment dit:

Depuis plusieurs années, nos institutions utilisent le co-design comme pratique intégrative afin d’améliorer la participation citoyenne, diminuer l’écart croissant entre institutions et individus.
Pourtant, quelles significations réelles derrière ces pratiques de co-design ? Y a-t-il une véritable participation citoyenne ?

Souvent portées par de petits groupes, par des personnes ne représentant pas nécessairement le public en général, elles tendraient à légitimer la décision politique en utilisant le terme d’acceptabilité sociale. En outre, les participants, nécessairement impliqués dans l’action politique, ne pourraient plus se permettre de contester librement, imbriqués dans le processus de transformation de l’action publique dans un projet.

Est-ce à dire que toute activité de co-design serait vouée à annihiler sa critique ? À s’autolégitimer ? Peut-on limiter le design et sa capacité transformatrice à des activités de co-design ? Comment alors penser le design de politique publique ?

Pendant les trois heures du débat, nous avons eu l’occasion de discuter des intérêts, enjeux, de l’historique, des pratiques de co-design. Le tout dans une perspective pluraliste. Les échanges ont été particulièrement riches. De manière non exhaustive, nous avons traité: de l’évolution du design au co-design ; des différentes interprétations de ce qu’est le co-design ; de son contexte social, managérial, économique, idéologique ; des dérives potentielles ; de la recherche (futile?) de consensus ; de la perspective solutionniste ; du rôle de facilitateur et des compétences associées ; de la nécessité d’intégrer un designer dans la démarche ; de la reprise par les gestionnaires trop souvent en évidant de son sens la-dites démarche ; des différentes temporalités s’entrechoquant ; des enjeux de pouvoir reliés au co-design ; de l’indisciplinarité (bâtardise disciplinaire) nécessaire ; des logiques top-down et bottom-up ; de la démarche méthodologique ; de la difficulté de sélection des participants ; des « manipulations » éventuellement nécessaires.

À la lecture de ce paragraphe, le lecteur sera peut-être déçu de n’avoir pas pu être présent (et il aurait raison). L’échange a été si fructueux que Caroline Gagnon et moi souhaitons reprendre et structurer un peu les éléments abordés, dans le cadre d’un compte-rendu ou d’un article. Le médium reste à définir. Plus d’infos à venir dans les prochaines semaines !

Quelques références

Pour nous préparer, voici quelques références qui nous ont aidés pour nous préparer en vue de la rencontre, pour ceux souhaitant approfondir la question:

Appel à communication – Impression 3D et technologies émergentes: transformations sociétales et impacts sur les pratiques professionnelles

Colloque organisé dans le cadre du 84e congrès de l’ACFAS, le lundi 9 mai 2016 à Montréal (Québec)

[L’appel à communication en version PDF]

École de design, Université LavalDepuis plusieurs années, les médias, les réseaux sociaux et les vidéos en ligne traitent abondamment de ces « technologies révolutionnaires » incarnées par l’impression 3D.  Mais entre le rêve de l’impression 3D transformant la réalité et la réalité elle-même, on observe un écart important. L’utopie de l’impression 3D où chacun pourrait imprimer chez soi ses objets du quotidien se retrouve trop souvent mise en avant dans le discours sur l’impression 3D. Plutôt que d’utopie, ne conviendrait-il pas de parler plutôt d’illusion, au même titre que l’on fantasmait sur les voitures volantes dans les années 50. Malgré un fort engouement, il semble peu probable de retrouver une imprimante 3D chez tout un chacun dans un futur proche ou même plus lointain.

Ainsi, est-ce à dire que l’impression 3D ne relève que d’une technologie banale? Probablement pas, car s’il faut abandonner le fantasme, elle transforme et réinvente  de manière importante – ou a le potentiel de le faire – notre environnement économique, scientifique, social et sociétal (Rosenberg et coll., 2015).

Le présent colloque vise à s’interroger sur les transformations sociétales reliées aux nouveaux usages permis par les technologies d’impression 3D et les technologies émergentes conjointes, ainsi que les transformations des pratiques professionnelles.

Par exemple, les technologies additives  permettent de transformer les procédés et les modes de fabrication, voire les types de produits qu’il aurait été impossible de façonner selon des modes de production traditionnels. Ces technologies transforment les structures de coûts et ouvrent la voie à la personnalisation de masse. Mais surtout, elles ont le potentiel de bouleverser les pratiques d’affaires et les chaînes d’approvisionnement, tant en amont qu’en aval de la production même. Elles permettent des phases de prototypage rapide plus fréquent. Elles promeuvent de nouveaux usages sociaux sur un mode plus collaboratif. Elles interrogent les pratiques d’enseignement. Elles transforment les pratiques professionnelles dans le monde de l’architecture, du design, de l’ingénierie.

L’impact de ces  technologies  est encore mal compris, car ce domaine d’étude est principalement confiné aux travaux de recherche centrés sur la technologie et l’ingénierie de production. Ces travaux sont indispensables pour l’avancement des savoirs sur les imprimantes 3D elles-mêmes, mais leur usage demeure peu étudié. On entend souvent parler de celles-ci dans des Fab Labs,des ateliers participatifs, au sein de l’industrie, mais quel en est l’usage professionnel réel ? Transforment-elles les pratiques ? Si oui, lesquelles ? Les pratiques techniques ? Les pratiques organisationnelles ? Les relations clients ? La dynamique de l’industrie ?

Dû à son impact potentiel important, l’étude d’un phénomène technique – l’impression 3D – par les sciences sociales (science du design, communication, sciences de l’organisation, anthropologie, sociologie, etc.) s’impose. Par ailleurs, nous souhaitons établir des liens forts entre ces perspectives de recherches, soit mettre en place des passerelles afin d’intégrer ces différents savoirs. Il s’agit ici d’initier un dialogue transdisciplinaire sur la question de l’impression 3D et ainsi et éviter l’écueil de la stratification de recherches éparses.
Les quatre axes pressentis du colloque sont:
1.    les technologies additives, leur évolution historique, les différentes technologies et de leurs capacités et leurs limites présentes et futures.
2.    les transformations sociales et sociétales reliées à l’utilisation de ces technologies. Quelles modifications dans les pratiques de conceptions? Quels usages dans les Fablabs? Quels nouveaux modes d’organisation? Quels changements organisationnels? Sociaux? Quelles nouvelles approches éthiques? Quelles utopies à déconstruire?
3.    les transformations des pratiques professionnelles dans différents secteurs professionnels (aéronautique, bâtiment, agroalimentaire, etc.), et dans différents métiers (ingénierie, design, architecture, etc.). Quels changements pour l’entrepreneuriat?
4.    les problématiques d’enseignement autour des questions de l’impression 3D. Doit-on apprendre des pratiques techniques ou transformer plus profondément l’enseignement en tenant compte, par exemple, des pratiques collaboratives autour de l’impression 3D? Quels retours d’expérience?

Le colloque sera l’occasion de souligner le dynamisme de l’impression 3D au Québec et au Canada, et de fédérer un réseau de chercheurs interdisciplinaires sur les questions touchant l’impression 3D. Il permettra d’échanger entre chercheurs, mais également avec les praticiens et professionnels. L’établissement de relations entre le monde professionnel et le milieu universitaire nous semble ici fondamental.

L’objectif est double: (1) avancer sur ces questions fondamentales des pratiques professionnelles et des usages de ces technologies dans l’enseignement, dans différentes industries et par différents corps de métier; (2) réunir un ensemble de chercheurs et de professionnels intéressés par ces questions pour fédérer une communauté de recherche sur la question de l’usage de l’impression 3D et des technologies émergentes au Québec et au Canada.

Comité scientifique: Artur Alves, Concordia University, Samuel Bernier-Lavigne, Université Laval, Guillaume Blum, Université Laval, Michel de Blois, Université Laval, Claudia Déméné, Université Laval, Caroline Gagnon, Université Laval, Valérie Lehmann, Université du Québec à Montréal, Johan Söderberg, Stockholms universitet
Comité organisateur: Guillaume Blum, Université Laval et Michel de Blois, Université Laval, Sergio Junio Da Silva, Université Laval

Calendrier
Dès que possible – faites part de votre intérêt à participer
12 février 2016 – Proposition à envoyer sous la forme d’un résumé
20 février 2016 – Réponse aux auteurs
9 mai 2016 – Tenue du colloque

Format des résumés à soumettre
– Identification: Nom de ou des auteur-e-s, accompagné du statut et de l’affiliation (établissement ou organisme d’attache) et coordonnées courriel
– Titre de la communication
– Résumé de la communication: maximum de 2500 caractères, en français
- Biographie: maximum de 500 caractères, en français
– Indiquez si vous envisagez à la suite du colloque de présenter un texte en vue d’une publication.

Les intérêts à participer, envois de proposition et échanges divers sont à envoyer à colloque.impression3d@gmail.com
Site web du colloque: http://www.bit.ly/acfas-impression3d

Nous envisageons de donner suite aux meilleures présentations du colloque à travers la publication d’un ouvrage ou numéro spécial sur le sujet.

Lancement du projet BourbaKeM

L’association pour la gestion des connaissances dans la société et les organisations (AGeCSO), association dont je fais partie, lance aujourd’hui le projet BourBaKeM visant à diffuser largement et vulgariser les fondements, approches, techniques, savoirs reliés à la gestion des connaissances.

« L’objectif du projet BourbaKeM est de fournir des éléments de compréhension sur tous les points critiques du domaine de la gestion des connaissances. Le projet vise à permettre à des enseignants, des formateurs, des chefs de projet, des chercheurs débutants ou curieux etc.de s’approprier des notions jusqu’ici disparates et floues.

Le projet BourbaKeM n’a pas l’objectif démesuré de couvrir toute la question universelle de la connaissance, mais de fournir des éclairages ponctuels, simples et utiles. Ce n’est pas un traité de recherche, à la pointe des dernières connaissances, mais un recueil d’éléments de base, sous un format compréhensible, disponible à une large catégorie de personnes ».

Les différents travaux du projet BourBaKeM sont diffusés sous licence Creative Commons (CC-BY-NC-SA) pour permettre une large diffusion des idées et pratiques de la gestion des connaissances dans la communauté scientifique et professionnelle. Le projet est amené à grossir dans les mois et les années à venir. Si vous voulez plus d’informations, vous pouvez me contacter.

Liens :

Double vision de la science: entre tradition et ouverture ?

Florence Piron, professeure titulaire à l’Université Laval, propose un diaporama très intéressant sur le thème de la publication scientifique. Il s’agit d’une lecture de celle-ci à travers les deux prismes de la science conventionnelle et de la science ouverte, mis en opposition à travers des systèmes de valeurs différents. On pourrait dire, pour résumer, que là ou la science conventionnelle s’intéresse à la recherche pour la recherche, la science ouverte prend en considération que la science n’est pas déconnectée de la société, et intègre donc sa diffusion et son usage.

Les humanités numériques ?

Est-ce un oxymore que de parler d’humanités numériques ? Pour en savoir plus, on peut se référer à la très intéressante discussion sur les humanités numériques, enregistrée à l’occasion du Salon du Livre de Paris 2014, animé par Xavier de la Porte, avec Alexandre Gefen (fabula.org), Pierre Mounier (CLEO), Michel Wieviorka (FMSH).

Et pour aller plus loin, l’Institut français publie un rapport sur les « humanités numériques ». On peut également se référer au livre de Milad Doueihi, « Pour un humanisme numérique ».