Le secteur aéronautique au Québec

L’aéronautique est un des secteurs les plus importants au Québec, dans le domaine des hautes technologies. Tout d’abord, quelques chiffres pour illustrer cela. Il regroupe près de 250 entreprises, pour un total approchant les 40 000 emplois. C’est ainsi près d’un québécois sur 190 qui travaille dans cette branche. Sa masse salariale représente environ 3,3 % des effectifs mondiaux de ce secteur. Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises représente au Québec environ 12 milliards de dollars. Près de 80 % de la production est exportée, ce qui en fait le premier secteur exportateur manufacturier au Québec. Le seul Québec représente d’ailleurs 60 % de la production totale aéronautique au Canada, mais plus de 70 % de la R&D du secteur. On ne s’étonnera alors pas que l’industrie aéronautique obtienne le premier rang de la R&D au Québec, au sein de la branche manufacturière.

On divise généralement les entreprises de ce secteur en quatre catégories: les maîtres d’oeuvre, les équipementiers, les fournisseurs de produits et de services spécialisés et finalement les sous-traitants. La grappe québécoise regroupe des entreprises de chacune de ces catégories, dont quatre maîtres d’œuvre: Bombardier Aéronautique dans le secteur des avions d’affaires, régionaux et amphibies; Bell Helicopter Textron Canada, constructeur d’hélicoptères; Pratt & Whitney Canada, spécialiste des moteurs d’avions et d’hélicoptères et CAE, concepteur et fabricant de simulateurs et de services de formation intégrés.

Montréal est également le siège de quatre organismes internationaux : l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI); l’Association du transport aérien international (ATAI / IATA); la Fédération internationale des associations de contrôleurs aériens (IFATCA) et le Conseil international de formation aérospatiale (CIFA).

Au-delà de toutes ces informations, il est à noter que la grappe aéronautique québécoise est un regroupement extrêmement innovant. Par exemple, le secteur des jets régionaux a été inventé au Québec, par Bombardier. Cette entreprise a d’ailleurs su se maintenir leader sur cette catégorie d’appareils. Forte de ses succès, Bombardier continue à innover, avec le Série C, avion qui rentrera en concurrence avec les Boeing et Airbus, tout en disposant de nombreux avantages technologiques. Il s’agira notamment d’un avion offrant des économies de coût d’exploitation, et surtout plus silencieux et plus vert, permettant une diminution de près de 20 % de gaz à effet de serre.

Tout cela fait de Montréal, en quelque sorte, la capitale mondiale de l’aéronautique. Il s’agit d’ailleurs du seul endroit au monde, où dans un rayon de 30 km, un avion peut être réalisé au complet. Toutefois, aussi forte que soit la grappe aéronautique québécoise, celle-ci n’en est pas toujours consciente, notamment en termes de maintien des connaissances stratégiques. C’est notamment à cet enjeu majeur pour l’avenir de la grappe aéronautique que s’attaque le groupe en management des entreprises de l’aéronautique dont je fais parti.

Grappe aéronautique Québécoise - Liens d'affaire

Par exemple, nous avons cartographié il y a quelques années les relations d’affaires entre entreprises du secteur (voir l’illustration). À partir de ce modèle, un ensemble de simulation permet de démontrer une certaine sensibilité à certains facteurs clés, notamment la perte de connaissances, due par exemple à des délocalisations potentielles. Alors que le secteur aéronautique canadien fête cette année ses 100 ans, notre groupe travaille avec les entreprises et organismes de la grappe au maintien pour les années à venir des compétences qui ont su donner sa réputation à l’aéronautique québécoise.

Texte retravaillé à partir de l’article paru dans la revue Vision: Blum G., Ebrahimi M. (2009). « Le secteur aéronautique au Québec ». Bulletin Vision, 2(1), octobre.

À propos

Guillaume Blum, Ph.D.

Domaines de compétence

  • Gestion des connaissances et de l’innovation
  • Gestion de projet
  • Enseignement
  • Gestion de la technologie
  • Gestion des organisations
  • Méthodologies qualitatives de recherche

Secteurs couverts

  • Aéronautique : technologies vertes ;
  • Technologies de l’information : Logiciels libres et ouverts ; Domaine du Web – Secteur de Montréal.

Enseignement

J’enseigne depuis plusieurs années à l’ESG UQAM et HEC Montréal, notamment les cours Gestion des organisations (MET 2100, ESG UQAM), Management (1-407-00, HEC) et Management, information et systèmes (MET5200, ESG UQAM). J’ai également collaboré à la création et l’animation de plusieurs cours de deuxième et troisième cycle.

Champ de recherche

Mes recherches portent principalement sur l’innovation dans l’économie du savoir.

À ce titre, je suis amené à travailler sur la gestion de l’innovation et des connaissances, les transferts de technologies, le fonctionnement de grappes et pôles industriels et d’innovation, les communautés de pratique et les communautés virtuelles. J’ai notamment effectué des recherches (1) sur la création de connaissances dans le secteur aéronautique lié au concept de l’avion vert, (2) sur la création et le transfert de savoirs dans les communautés virtuelles dans le secteur informatique. J’ai aussi travaillé pendant plusieurs années dans un groupe de recherche étudiant (3) le secteur des bio-industries.

Groupes de recherche

  • Groupe d’étude en management des entreprises de l’aéronautique (GEME Aéro) ;
  • Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO).

Bourses et distinctions

J’ai obtenu différentes bourses, subventions et distinctions ces dernières années. Ma thèse est financé par le conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) et le fonds de recherche sur la société et culture du Québec (FQRSC) pour laquelle j’ai été classé 4ème au Québec dans le groupe Administration / Gestion.

Activités et diffusion de la recherche

J’ai une quinzaine de publications dans des revues ou colloques arbitrées, ainsi que plusieurs autres articles, comptes-rendus, rapports de recherche ou études de cas publiés. En voici quelques-uns :

Autres activités

En sus de mes activités universitaires, j’ai co-créé et administre Espaces Temps, un organisme à but non lucratif visant à promouvoir et organiser l’information portant sur le territoire de Montréal. L’activité principale de cet organisme est le calendrier collaboratif en ligne Le Mur Mitoyen, diffusant plus de 16 000 événements distincts (en 2013) dans 1249 lieux de diffusion générant plus de 250 000 visites par mois.

Ce blogue présente plusieurs projets sur lesquels je travaille, principalement dans les domaines du management, de la gestion de produits/services innovants et de la gestion des connaissances. J'alimente ce blogue à un rythme irrégulier.